Témoignage LCE85: Cancer et Vie

J’ai 61 ans, mariée depuis 41 ans, mère de 2 enfants et 4 petits enfants. Vie tranquille et heureuse jusqu’à ce 14 juin 2010, jour d’une coloscopie qui décèle un cancer colorectal.

Mon mari est là, le ciel nous tombe sur la tête. Nous pleurons ensemble. Un séisme dans une vie bien installée et paisible.Arrêt de travail…

La machine de combat se met en marche: rayons, chimio, curiethérapie. C’est difficile mais mon mari est toujours là, les enfants aussi (présence téléphonique car ils sont éloignés).

La famille, sœur, frère, belle-famille passent souvent des messages de soutien. Quelques amis et collègues très proches suivent de près l’évolution des traitements. Je reçois aussi du courrier.

Fin d’année, les traitements se terminent, je vais bien mais je suis un peu fatiguée.J’ai le sentiment de gagner le combat et à Noël je confie à ma sœur le besoin de vivre  Lourdes Cancer Espérance avec elle en septembre 2011. Elle est engagée avec son mari dans cette grande famille depuis 2002.

Je suis croyante et me tourne souvent vers la Vierge Marie. Je pratique peu mais je ressens le besoin de retrouver la Communauté Chrétienne.

En février, je me sens très fatiguée. L’IRM décèle une rechute. Je ne veux pas y croire mais mon mari, fidèle soutien, a tout compris. Il reste un espoir: me faire opérer au plus vite pour enlever ce mal qui me ronge.

Le 14 avril 2011, juste 10 mois après le diagnostic, est pratiquée une amputation abdomino-périnéale, ce qui entraîne une colostomie définitive. Hospitalisation de 76 jours… Je suis entourée d’une équipe formidable. De vrais liens se créent, car le pansement très douloureux est réalisé sous hypnose, relaxation, musique douce, évasion dans une bulle où la main du soignant se veux rassurante. La Vierge Marie est présente dans ce voyage intérieur et je suis maintenant certaine qu’elle m’a aidée à supporter la douleur.

Une personne de l’aumônerie passe chaque semaine et je regrette aujourd’hui de ne pas avoir su exploiter cet instant. Nos conversations ont été banales. J’ai appris par la suite que l’équipe soignant ne voulait pas que le service d’aumônerie intervienne car j’étais trop fatiguée. De mon côté je n’avais pas formulé ce besoin. J’avais beaucoup de difficultés de concentration. Les doses de morphine étaient importantes.

Mon mari vient chaque jour, malgré la distance et son travail. Son sourire et les roses du jardin apaisent ma douleur. Famille et amis se relaient. Je perçois leur détresse.

Nous avons pleuré et prié ce 3 juin, ma souffrance était insupportable.(Hasard du calendrier: anniversaire de mariage)

Peu à peu, mon état s’est amélioré, j’ai retrouvé ma sérénité. J’ai quitté l’hôpital le 28 juin avec beaucoup d’émotion. Je m’étais attachée à cette fabuleuse équipe: une aventure de 76 jours.

Le retour à la maison a soulagé mon mari et le calme de notre demeure m’a aidé à récupérer. La maladie et surtout l’hospitalisation ont ébranlé mon indifférence religieuse. J’ai besoin de paix, de tranquillité intérieure, tout simplement de bonheur. J’ai besoin de retrouver la communauté chrétienne et je pars vivre.

Pèlerinage LCE 2011. je désire recevoir le sacrement des malades. Je m’accroche à Marie et dans cette grande famille LCE je me sens portée, beaucoup de larmes et d’échanges. J’ai le souvenir d’avoir ressenti les émois de ma première communion au moment de l’onction. Je suis soutenue par mon mari, ma maman, ma sœur et beau-frère sont également présents.

Depuis, chaque année je revis debout..

C’est très important pour moi d’être là, de retrouver les malades. Je ne peux qu’apporter  un peu de réconfort, un sourire une main tendue. Je me ressource à la piscine, recharge les batteries. Je retrouve en ce lieu une vraie paix intérieure.

Aujourd’hui, je vais bien, très bien même. Les rendez-vous de contrôles sont toujours nécessaires. (et toujours stressants). Je suis à la retraite depuis le premier janvier. Je m’occupe sans trop me « charger ». J’ai vesoin de temps pour moi.

J’aime chanter avec une chorale « soignants-soignés »

J’aime prendre mes petits-enfants pour de courtes vacances

J’aime les couchers de soleil.. J’aime la couleur..

J’aime la vie.

Mon mari est toujours là. Notre couple a résisté à cette tempête. Il y a notre vie d’avant et notre nouvelle vie.

La vie est belle..J’ai tellement de MERCIS à adresser à Marie

Marie-Annick Octobre 2015

Photo D.R. Philippe Cabidoche

 

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