Témoignage de Jean-Claude Castex, feutier

Jean-Claude Castex

« Nous formons une équipe de 18 feutiers dont le seul objectif est de tout mettre en œuvre pour l’accueil des pèlerins qui viennent prolonger leurs prières avec un cierge. Aussi chaque étape de l’accueil est-elle primordiale : assurer le remplissage des présentoirs ; veiller à ce que l’espace de la Grotte soit propre avant la première messe du matin, à 6 heures ; garantir la bonne présentation du candélabre qui, avec ses 95 cierges, se trouve au pied de Marie ; préparer la sonorisation pour le chapelet ; faire la place dans les 23 brûloirs pour que les pèlerins puissent accomplir leur démarche. Lorsque la place vient à manquer, nous proposons aux pèlerins d’allumer la mèche du cierge, avant de l’éteindre de sorte qu’ils puissent dire leurs intentions de prières. Dans un local, nous stockons les cierges qui n’ont pu être brûlés, en attendant de le faire pendant les heures creuses ou en hiver. Si l’on totalise l’ensemble des cierges, on atteint les 600 tonnes par an. Selon les équipes en place, les premiers feutiers arrivent à 4 heures du matin ; les derniers repartent à 1 heure.

L'équipe des feutiers

Au pied de la Grotte, des amitiés se nouent comme avec ce pèlerin de LCE qui, chaque jour, venait allumer un cierge. Lorsqu’il était là, nous prenions le temps de discuter ; il nous est même arrivé de nous retrouver autour d’un verre après la fin de mon service. Malheureusement, il est décédé et je l’ai appris plus tard, en demandant de ses nouvelles. A Lourdes, on rencontre des personnes en souffrance, parfois même en plein désarroi ; je suis très touché par la grande solitude de certaines personnes qui n’ont plus de famille. Face à de telles situations, on se sent impuissants mais, par une parole, on peut réconforter, témoigner d’une attention. Heureusement, nous voyons aussi des sourires : des personnes qui sont dans l’action de grâce ou qui, tout simplement, se réjouissent d’être à Lourdes. Mon regard sur le handicap a changé à travers tout ce que je vis au fil des jours. Nous faisons un métier de communication, et la collaboration de Vincent, sourd-muet, apporte beaucoup à l’équipe. Il est à sa place au poste qu’il occupe, et sa gentillesse n’a d’égale que sa jovialité. Je pense aussi que sa présence donne un message d’espoir à tous ceux qui souffrent d’un handicap. Le cœur de notre métier, c’est l’accueil, le service. La relation humaine est primordiale. Les rencontres sont toujours très enrichissantes. C’est avec tout mon cœur que je fais ce métier. »

Texte et photos : Béatrice Rouquet

One Response

  1. Merci pour ce beau témoignage ,nous ne voyons pas toujours l’attention des autres mais là nous constatons que ces hommes sont à l’écoute les uns avec les oreilles, les autres avec les regards et tous avec leur cœur Merci Béatrice pour cet échange

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