En première ligne, à l’hôpital.

En pleine action durant le pèlerinage LCE

Exerçant au sein de l’hôpital public comme cadre-infirmière, Fabienne Desoindre est déléguée de Lourdes Cancer Espérance dans la Nièvre. Elle met l’action au cœur de sa vie, consciente que la solidarité est essentielle pour exprimer sa foi et sa volonté d’embellir le monde. Dans son service hospitalier, elle est aux premières loges pour organiser l’accueil de personnes atteintes par le coronavirus. Portée par l’amour des autres, de sa famille, des malades et des collègues, elle les confie au Seigneur dans ses prières. Pour celle qui est en première ligne, il faut avancer parfois avec la peur qui est là, mais Fabienne vit toutefois cette situation dans la confiance. Pour elle, la semaine Sainte est la plus belle de l’année, et elle a souffert de ne pas pouvoir les vivre au sein de sa paroisse, où d’ordinaire, elle est aussi engagée. Fille d’agriculteurs, Fabienne aime la nature et très souvent, elle randonne en montagne avec son compagnon, prenant le temps de se ressourcer et de profiter de la beauté de ces instants simples. Fabienne soigne, agit, maintient le lien avec les amis de Lourdes Cancer Espérance, avec la force de ceux qui, pleins de bonne volonté, rêvent en des lendemains porteurs de renouveau et d’espérance fraternelle. Entretien :

Comment avez-vous vécu la Semaine Sainte ?

Le dimanche des Rameaux, j’ai envoyé un recueil de prières à Marie à tous les amis de la Nièvre de Lourdes Cancer Espérance. A Pâques, c’était une image du Christ Ressuscité. La plupart des destinataires ont répondu, et nous partageons peines et joies, comme les deuils, mais aussi les naissances et les anniversaires. Pour moi, le Triduum Pascal est très important, et je le vis toujours au sein de ma communauté paroissiale. Cette année, je pensais regarder les offices à la télévision, mais je suis restée à l’hôpital tard dans la soirée, et j’ai passé le Jeudi et le Vendredi Saint auprès des malades. C’était ma mission pour cette année. Le Samedi Saint, j’ai regardé la Vigile Pascale sur KTO, et je me suis unie à ces millions de téléspectateurs qui priaient devant leur écran. Le dimanche de Pâques, j’ai apprécié la messe télévisée sur France 2, préparée par les frères dominicains et qui sont d’une grande humilité et profondeur. C’est un cadre intime, propice à la prière, et les prêtres font passer un message d’espérance et de solidarité, avec des mots qui me font du bien et qui m’incitent à reprendre le service avec courage pour la semaine à l’hôpital. J’aime aussi ces verbes d’action, qu’ils nous proposent à la méditation. Pour nous, chrétiens, ça a du sens. Je crois qu’il faut avoir dans le cœur de vivre notre foi ensemble.

Connaissez-vous la peur dans l’exercice de votre métier ?

J’ai peur, bien sûr, par rapport aux soignants que j’accompagne, parmi lesquels certains sont touchés par le coronavirus. J’ai peur pour eux, pour leurs enfants ; je prie pour eux. J’ai peur aussi de cette pandémie qui va s’inscrire dans la durée, et dont on ne voit pas le bout. J’ai peur de la deuxième vague qui, sans doute, aura lieu lors du déconfinement. J’ai peur pour mes proches, même si je sais qu’ils sont sérieux et qu’ils font attention. Bien sûr, je n’oublie pas que la grande majorité des personnes atteintes par le coronavirus guérissent. Au cœur de cette peur, je m’appuie sur le Seigneur, et j’espère en lui.

Intervention lors de la journée de la santé à Fourchambault (58)

Auriez-vous un message qui vous tient à cœur ?

Il ne faut jamais trop attendre pour dire aux gens qui nous sont chers que nous les aimons. Il faut prendre soin les uns des autres ; respecter la nature, et revenir aux choses simples que parfois nous mettons de côté. Dans la situation que nous traversons, je crois qu’il faut rester prudents, tout en étant dans la confiance. J’espère de tout cœur que l’on pourra trouver un vaccin et des traitements pour enrayer la pandémie. Avec les amis de Lourdes Cancer Espérance, nous nous soutenons, nous échangeons des messages et cette fraternité en dit long sur la force de Résurrection qui est l’œuvre en chacun de nous.

Propos recueillis par Béatrice Rouquet

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