Comme la plupart des délégations de Lourdes Cancer Espérance, la Délégation du Rhône se rassemble régulièrement pour partager un moment d’amitié, d’échange et de prière commune. Habituellement, la Délégation se retrouve dans un local que met à notre disposition une paroisse de Lyon.
Mais cette année, nous avons décidé de « prendre l’air », et d’aller à la rencontre de personnes et de sites lyonnais qui ont marqué l’histoire chrétienne de notre ville.
Ainsi, les 7 mars et 23 avril, nous sommes partis à la rencontre de personnes marquantes de notre vie de chrétiens : le 7 mars, nous avons mis nos pas dans les pas du Bienheureux Antoine Chevrier, prêtre fondateur du Prado, puis, le 23 avril nous avons suivi le chemin des premiers chrétiens et chrétiennes de Lyon, Pothin, Blandine, Polycarpe, Irénée, et bien d’autres…
Le 7 mars, nous nous sommes retrouvés une bonne vingtaine rue du Père Chevrier à Lyon, sur les lieux mêmes où Antoine Chevrier fonda le Prado, pour évoquer ensemble sa vie, faite exclusivement de son engagement sans failles auprès des plus démunis de son époque.
Antoine Chevier est né en 1826, il y a donc tout juste deux siècles. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie lyonnaise, il est ordonné prêtre en 1850, et il se tourne très vite vers les enfants du quartier de la Guillotière, qui était à l’époque ce qu’on appellerait aujourd’hui une « banlieue » dans le sens le plus péjoratif du terme. Lors des grandes inondations de Lyon, en 1856, il voit une immense misère submerger son quartier, et décide de tout faire pour essayer d’en sortir les gens dont il est proche, et en particulier les enfants.
En 1860, le père Chevrier loue puis rachète une ancienne salle de bal mal famée, « le Prado », qu’il transforme. Il aménage la salle de bal en chapelle et prend en charge des jeunes adolescents errants et abandonnés que leur âge et leur ignorance excluaient de la participation aux leçons de l’école et à celles de la paroisse pendant six mois. À la différence d’autres établissements du même type, le père Chevrier refuse que l’on fasse travailler les enfants qu’il accueille.
En 1866, le père Chevrier décide de fonder au Prado même une « école cléricale », pour « faire une pépinière de prêtres qui soient élevés avec mes enfants, pour qu’ils les comprennent bien ». Il fonde à Lyon l’Association des Prêtres du Prado. Elle ne comptera encore que quatre prêtres et quelques sœurs à sa mort en 1879. Ses obsèques sont suivies par cinquante mille personnes. Le père Chevrier meurt d’épuisement à 53 ans et est enterré dans cette chapelle, dans la rue qui porte maintenant son nom.
Le 7 mars, donc, nous sommes accueillis par un bénévole de l’Association du Prado. Nous nous réunissons tout d’abord pour un temps de prière dans la chapelle. Une partie du groupe visite les lieux mêmes où vécu le Père Chevrier, conservés en l’état, puis, comme tout bon lyonnais, nous passons à table pour le repas partagé. En fin de repas, un autre groupe fait la visite, et tous réunis, le Père Nikiema, prêtre du Prado, nous décrit la vie du Père Chevrier, et nous montre comment la spiritualité pradosienne est toujours actuelle dans notre monde d’aujourd’hui, confronté à tant de conflits de toutes natures.
Nous terminons la journée par une célébration eucharistique, toujours dans la chapelle du Prado, avec notre aumônier le Père Maurice Monnier et le Père Nikiema. Une messe faite d’une grande humilité et d’un grand recueillement, à l’image de ce qu’aimait le Bienheureux Antoine Chevrier.
Petit rappel, le Antoine Chevrier fut béatifié par le Pape Saint Jean-Paul II lors de sa visite à Lyon le 3 octobre 1986.