Pâques 2019 : comment vivre en confinement la Résurrection ?

Gérard Robert, Directeur du pèlerinage Lourdes Cancer Espérance,
et Marie-Claude Aizpurua, Présidente de l’association Lourdes Cancer Espérance

Pour nous chrétiens, Pâques est la révélation que Dieu a pris la condition humaine pour nous sauver en mourant sur la Croix. Par ce passage, nous entrons dans la lumière du Ressuscité. C’est le fondement de notre religion, du christianisme.

A travers ces actes fondamentaux, le printemps arrive, les beaux jours se profilent, après un hiver parfois difficile ; c’est la renaissance, la nature reprend ses droits et commence à sortir comme nous aussi.

Pâques c’est aussi la fête de famille, on fête l’événement, le moral revient, on est heureux de se retrouver autour d’une bonne table comme Jésus l’a fait avec ses disciples pour faire mémoire. La traditionnelle chasse aux œufs pour les enfants.

Et puis catastrophe ! Un virus est venu enrayer notre vie, notre façon de vivre et de penser. Il a perturbé nos petites habitudes de tous les jours, il a fallu s’adapter avec des mesures barrières de confinement. Nous avons donc passé les cérémonies de Pâques 2019 d’une autre façon, en solitaire ou petite famille restreinte. Par les médias, les moyens de communication KTO, TV Lourdes… nous avons pu suivre les événements de la Semaine Sainte. Le sanctuaire de Lourdes a lancé une neuvaine en récitant le chapelet tous les jours à 15h30 en étant en communion et en union de prières depuis la grotte de Massabielle.

Nous avons pu manifester notre solidarité envers nos proches et personnes seules, nos amis. Nous avons tous pris conscience dans ce réflexe de solidarité, le besoin de partager, d’aider notre entourage et même plus se découvrir les uns les autres. Cette situation nous a permis de redécouvrir la proximité. Les différents moyens de communication ont permis de rapprocher les uns et les autres. Je pense en particulier aux gens dans les immeubles ou aux voisins de rues qui ne se connaissaient pas.

Cette période douloureuse de confinement va nous faire comprendre qu’il nous faut plus de proximité. Il y avait un avant, il y aura un après ! Nous ne serons plus comme avant c’est-à-dire dans notre comportement auprès des autres. Chacun de nous est appelé, avec une urgence infinie, à ressusciter.

La mondialisation galopante et dangereuse a atteint ses limites. Nous avions perdu ou oublié le sens des valeurs. Il nous faut prier maintenant que l’on réponde à ce besoin de proximité à tous les niveaux (spirituel, écologique, industriel…) ; pour que les responsables qui nous dirigent retiennent les avertissements, mais l’appétit financier revenant peut annuler toute cette période de réflexion.

La parole du Pape François est forte et nous interpelle. Lors de la bénédiction Urbi et Orbi, il nous a invités à annuler la dette des pays pauvres. Je crois qu’il sera écouté. Il nous rappelle la bonne nouvelle annoncée par le Christ qui, durant sa vie terrestre, était proche des plus pauvres et des plus petits tout en allant voir les riches pour leur expliquer les priorités qui devaient être les leurs. Je fais confiance au Pape François qui, par son sens de la justice et de la charité, montre une ligne d’horizon. Par le passé, les responsables politiques n’ont pas toujours été d’accord sur les décisions relatives à la mondialisation, mais la crise profonde que nous traversons peut nous faire réfléchir. A titre individuel, nous pouvons tous nous mobiliser, selon nos moyens, pour aider les nombreuses associations humanitaires qui sont sur le terrain. Je pense notamment au CCFD*, au Secours Catholique, mais il y en a beaucoup d’autres. Le confinement nous fait réfléchir, nous ouvre le cœur, et aussi peut-être le porte-monnaie pour faire des dons à destination des plus démunis ! En fonction de sa sensibilité, chacun peut apporter quelque chose et œuvrer pour le bien commun. Chacun le traduit en fonction de sa personnalité, et tout cela entre dans les plans de salut voulus par Dieu, pour que le monde soit plus beau et plus solidaire. Je crois que Lourdes Cancer Espérance occupe un rôle fort dans notre société, en premier lieu, par les échanges qui se vivent pendant le pèlerinage, lors des carrefours, des célébrations eucharistiques, et aussi pendant l’année. Ce qui nous rassemble, c’est la fraternité dans un environnement marqué par l’épreuve de la maladie, et aussi par la foi qui nous anime et nous porte. Pour se relever après les épreuves les plus douloureuses, il faut être accompagné, soutenu, cette aide essentielle nous pouvons la trouver à LCE. Mon espérance, c’est que nous nous relevions de cette pandémie en mettant, plus encore, la charité au cœur de toutes nos décisions. Soyons solidaires et confiants ! Dieu est à nos côtés et veille sur nous ! Laissons la Lumière du Ressuscité envahir nos corps et nos esprits !

Gérard Robert, directeur du pèlerinage Lourdes Cancer Espérance et délégué de LCE en Franche-Comté

*CCFD : Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement

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