« Au cœur de l’épreuve, Dieu offre un passage »

Christian Coffinier, aux côtés de sa déléguée de LCE 67, Fabienne Hulard

Membre de l’Hospitalité HLCE et de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, Christian Coffinier ne veut pas reporter à demain les gestes de fraternité essentiels qui s’expriment par la communion de prières, mais aussi par la volonté de renforcer les échanges avec les personnes qui lui sont confiées. Pour lui, ces initiatives sont une autre manière de servir, en particulier pendant la pandémie du coronavirus. Avec foi, il persévère, et fait un pas de plus chaque jour bien que, d’une manière plus vive, se fait jour la réalité de nos existences fragiles et vulnérables. En ces temps incertains, Christian Coffinier se souvient, et fait un parallèle avec le bouleversement qui fut le sien quand, en 2011, il apprit que sa femme était atteinte d’un cancer. Au cœur de multiples questionnements, également face à un mur, il implora Marie et promit de s’engager pour servir les malades si son épouse guérissait. Cette période de pandémie, qu’il compare à un « cauchemar », doit de même nous ouvrir à plus d’humanité, plus d’engagements, plus d’attention dans ce que nous faisons à travers les détails qui se glissent dans nos échanges avec les autres. Il s’adresse à Dieu comme un enfant qui se laisse guider, et qui tient la main de Celui qui va le délivrer du danger, à l’instar du Psaume 30, verset 9, qu’il aime méditer : «  Tu ne m’as pas livré aux mains de l’ennemi. Devant moi, Tu as ouvert un passage. »

Engagement en hospitalité HLCE de Christian Coffinier (Photo Lacaze)

De quelle manière cette période de pandémie peut-elle renouveler notre sens du service ?

En France, le confinement a commencé pendant la période du carême ; période qui appelle à la conversion et où se pose la question du service. Depuis sept ans, je suis engagé à Lourdes comme bénévole mais je crois qu’après cette pandémie, rien ne sera plus comme avant. Dans un premier temps, il me faut mettre au jour les priorités, comme celle d’essayer de ne jamais passer à côté d’une rencontre, d’un échange… Ainsi lorsqu’on est en contact avec quelqu’un dans le cadre du service d’hospitalier, on est parfois moins disponible, même si on a à cœur de prendre soin de la relation. Or lors de chaque instant, il faut garder à l’esprit qu’on n’aura peut-être pas la possibilité de revoir ce malade ; aussi, il faut essayer de tout donner à l’instant T. Personnellement, je serai plus porté par le désir de ne pas remettre à demain les choses qui me semblent essentielles : être proche de ma famille, prendre des nouvelles d’un malade, d’un hospitalier rencontré à Lourdes. Cette attitude est encore plus prégnante en cette période de pandémie. Quand, aux derniers jours d’un pèlerinage, on s’adresse à ceux que l’on connaît en leur disant : « A l’année prochaine », il y a une part d’incertitude qui, à l’heure actuelle, prend d’autant plus d’acuité. On ne sait jamais de quoi demain sera fait et le coronavirus vient nous le rappeler. Alors investissons-nous d’autant plus dans le présent.

Vous gardez toutefois la confiance…

J’aurais un parallèle à faire entre cette traversée de la pandémie et l’aventure de Christophe Colomb parti sur la mer, sans savoir ce qui l’attendait, mais confiant d’arriver à bon port. J’essaie d’aborder cette période de façon raisonnable : on s’en sortira mais il ne faudra pas recommencer comme avant. J’ai confiance en Dieu, en Marie, en l’avenir. Et puis, chacun à son niveau, chacun avec ses talents, peut agir pour embellir le monde : par la prière, par l’attention aux autres, par la façon de préserver la Création comme nous y invite le Pape François dans son encyclique Laudato Si’. On sait qu’il faut se laisser guider par le Seigneur. De cette épreuve, nous ne nous en sortirons pas tout seul : Dieu offre un passage, comme jadis, il le fit pour les Hébreux en leur permettant de traverser la mer Rouge. Dieu ne nous a pas envoyé le mal, mais il nous aidera à nous en sortir. A nous cependant de nous interroger : que puis-je changer dans ma vie au milieu de cette épreuve ? Il nous faut, en tout cas, être plus solidaires, en prenant soin les uns des autres, confiants et debout comme Dieu nous le demande !

Propos recueillis par Béatrice Rouquet

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