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Joel Luzenko, chargé de communication du Sanctuaire N.D. Lourdes.

 

Joël Luzenko (Photo Pierre Vincent)

« Au sein du service communication du Sanctuaire, nous formons une équipe de trois personnes chargées de mettre en lumière le message de Lourdes auprès des quelque 600 journalistes qui, chaque année, nous sollicitent des quatre coins du monde. J’ai rejoint cette aventure professionnelle et humaine en 2003 en portant dans le cœur une belle expérience comme brancardier qui m’avait conduit à découvrir le lieu. L’apprentissage du service est une expérience formatrice et constructrice. Je l’avais aussi expérimenté comme scout puis, plus tard, j’ai fait partie de l’équipe des sapeurs-pompiers volontaires de Lourdes pendant sept ans. Agir en mettant l’autre à la première place procure le sentiment d’une joie profonde. Lourdes est l’un des lieux où les jeunes peuvent se mettre au service des personnes malades ou handicapées ; cette grâce de la rencontre est au cœur de notre foi.

La raison d’être de mon métier pourrait se résumer en quelques mots : ‘Parler et faire parler de Lourdes’. Il importe de se mettre à la portée de chaque journaliste qui pénètre dans le Sanctuaire. L’écoute est première. Nous sommes là pour l’orienter, lui faire connaître des personnes qui pourront l’éclairer sur tel ou tel sujet, apporter une aide logistique s’il en fait la demande. Répondre à ses attentes, c’est aussi respecter sa sensibilité, sa culture tout en lui expliquant ce qui s’est passé en ce lieu.

Je dis parfois que, depuis treize ans, je raconte la même chose à des personnes différentes. Notre équipe est là pour accueillir la demande des médias, mais nous avons aussi la mission de garder le message dans son authenticité. Parfois, il nous appartient d’expliciter certains termes comme « procession », « sacrement de réconciliation », « eucharistie »…, qui ne sont pas compris par tous. En quelque sorte, il faut se mettre dans les pas de Bernadette : au moment des Apparitions, elle a témoigné de sa rencontre avec la Vierge à des personnes aux sensibilités différentes. Elle est restée fidèle à la Dame en toutes circonstances, qu’il s’agisse des interrogatoires du commissaire Jacomet auquel elle a été confrontée ou de ses rencontres avec le curé Peyramale. Cette authenticité a permis au message de traverser les âges, les décennies, les siècles. Le Père Laurentin a beaucoup œuvré en ce sens quand, en sa qualité d’historien, il s’est plongé dans les archives pour révéler le témoignage de vie de Bernadette au plus grand nombre.

Au sein de l’équipe, nous pouvons nous exprimer en anglais, italien ou espagnol… et si cela s’avère nécessaire, nous faisons appel à des chapelains également polyglottes pour rencontrer des médias étrangers. Nous faisons tout notre possible pour que chaque journaliste puisse travailler dans les meilleures conditions. Il m’est même arrivé de rencontrer une journaliste russe qui, ignorant tout de Lourdes et ne parlant pas d’autre langue que sa langue maternelle, a voulu découvrir le Sanctuaire. Je l’ai accompagnée à la Grotte, en refaisant les gestes de Bernadette au moment des Apparitions pour essayer de lui faire comprendre ce qui s’était passé.

Depuis mon arrivée au poste de chargé de communication, j’ai fait beaucoup de découvertes sur Lourdes et son histoire. J’ai aussi la chance de connaître certains pans des coulisses après avoir accompagné tel ou tel journaliste : je me souviens d’être monté au clocher de la Basilique de l’Immaculée Conception lors d’un tournage, d’avoir découvert les archives du Bureau des constations médicales ou bien l’ouvroir, où l’on prépare tous les ornements liturgiques.

Découvrir le Sanctuaire, c’est explorer un puits sans fond. Il s’y passe tant de belles histoires : on est le témoin de toutes ces personnes qui aiment Lourdes, qui se dévouent, qui y reviennent une, deux ou dix fois par an… Je vois l’attachement à Lourdes des directeurs de pèlerinage, des présidents d’hospitalité… Quel beau témoignage que celui de ces personnes venues des quatre coins du monde et qui savent témoigner de leur foi, de celle qui soulève les montagnes ! Entre autres exemples, me vient en tête celui d’un pèlerinage organisé l’année dernière par un curé polonais. Ainsi le Sanctuaire de Lourdes a-t-il accueilli un pèlerinage conduit par un homme à l’énergie extraordinaire qui a su déplacer les foules en dépit des difficultés. Pas moins de 40 heures de transport ont été nécessaires pour arriver à destination avec, parmi les passagers, des personnes malades ou handicapées.

Parmi les moments forts que j’ai vécus dans l’exercice de mon métier, je me souviens de la venue des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI. C’est une organisation assez complexe où nous travaillons à flux tendu afin que tout se déroule au mieux, et selon les souhaits des différents services de l’Eglise, de l’Etat, des médias. Au moment de la venue du Pape Benoît XVI, nous avons mis en place un centre de presse qui a accueilli un millier de journalistes. Il a fallu organiser cet accueil, prévoir les attentes de tous ces professionnels en permettant leur connexion internet, ou en leur facilitant leur travail selon leur domaine : presse écrite, radiophonique, audiovisuelle ou reportage photographique. De même, il a fallu produire des documents à même de les aider en traduisant, par exemple, les discours prononcés. Nous travaillons en donnant le meilleur de nous-mêmes : c’est l’image de Lourdes qui est en jeu.

Outre ces moments très intenses, il y en a de plus petits mais qui me tiennent aussi beaucoup à cœur. Il y a des tournages tôt le matin ou tard le soir auxquels j’ai assisté et qui m’ont particulièrement marqué. Je me souviens de l’un d’eux où il s’agissait de filmer la Grotte pendant 24 heures. Plusieurs personnes se sont relayées auprès de la caméra, et j’ai moi-même assuré une permanence de 23 heures à 7 heures. Je me souviens de ma rencontre avec un groupe d’Anglais, venu se recueillir à 2 heures du matin. J’avais trouvé cela merveilleux. A la Grotte, les heures passent comme si nous faisions une adoration perpétuelle. Ce sont des petits moments qui ont leur importance.

Parmi les missions qui me sont confiées, il m’appartient aussi bien de rédiger des informations à destination des journalistes ou de nos publications (Lourdes News, La Gazette du Sanctuaire…), que de prendre part à l’organisation de visites protocolaires. Mon travail demande une certaine polyvalence ; nous travaillons dans un esprit d’équipe et en ayant à cœur de faire partager notre attachement à ce lieu.

Mon parcours m’a conduit à visiter d’autres Sanctuaires : je me suis rendu à Rocamadour, à la Salette, à Saint-Jacques de Compostelle, entre autres. Je pense que chaque Sanctuaire a une histoire propre. C’est en quelque sorte l’unité dans la diversité. La grâce de Lourdes touche le visiteur ou le pèlerin à des niveaux différents : il peut s’agir d’une grâce physique, d’une grâce de conversion, d’une grâce de la rencontre, quand on découvre la belle œuvre qui est celle de l’Eglise.

Lourdes m’a beaucoup donné et j’ai envie de donner à mon tour. Je porte en moi le souci d’être au service de tous ceux qui viennent frapper aux portes du Sanctuaire, afin de mettre en lumière ce message d’amour que la Vierge Marie a confié à Bernadette. Un message authentique et universel qui nous dit que Dieu aime chacun d’entre nous et qu’Il nous invite à le suivre. Je voudrais souligner aussi mon attachement au pèlerinage de Lourdes Cancer Espérance qui permet de vivre des célébrations empreintes d’émotion et de ferveur. Le nom de l’association évoque avec force ce qu’est Lourdes : un réservoir d’espérance. »

Propos recueillis par Béatrice Rouquet

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