Un clin d’œil pour approfondir sa foi

La Parole de Dieu a vocation à nous nourrir et à nous rejoindre sur le chemin de nos vies…

Extrait des prédications du Père Michel Pagès, aumônier national LCE

Mercredi 16 septembre

Messe du mercredi 16 septembre, célébrée à la Grotte de Massabielle

« Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu’il y a de meilleur…Si je n’ai pas l’amour je ne suis rien » (I Cor 12, 31 et 13). Qu’y-a-t-il de « meilleur » que cela : « Aimer et être aimé » ? « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », dit Jésus (Jean 15, 9-17). Chacun y aspire. C’est essentiel en humanité et c’est essentiel dans l’expérience que nous pouvons avoir de Dieu. Les multiples visages de notre famille LCE reflètent tant de défis mais ils ne peuvent effacer cette aspiration à « aimer et à être aimé ». St Paul précise le contenu de cette aspiration profonde, non comme des exigences mais comme des décisions ; vouloir être patient, vouloir espérer, vouloir être dans la bonté, vouloir être dans la vérité, vouloir voir au-delà des apparences et, nous pourrions ajouter, vouloir être vrai face à la maladie, vouloir cheminer avec d’autres avec l’espérance au cœur. Il faut parfois aller chercher au plus profond de soi, cette part de vérité qui nous rend capables d’affronter tant et tant de situations difficiles et de ne pas perdre notre vocation à aimer. Comme s’il fallait sans cesse prendre conscience que la vraie réalité d’une personne, c’est ce qu’elle est sous le regard d’amour que je lui porte. Ce regard patient et bienveillant que Dieu ne cesse de porter sur chacun de nous. Ne pas tout comprendre, ne pas juger trop vite mais chercher dans nos vies ce qui demeure visage d’amour, en faisant mémoire de tout ce qui nous a aidés à avancer dans l’accompagnement d’un proche, d’un évènement de vie, d’un cancer… « Si vous avez de l’amour, les uns pour les autres, tous sauront que vous êtes mes disciples » Jean 13, 35. Accueillez ces mots de saint Augustin :  « Tu es tenté par l’esprit du mal et voilà que tu prends conscience de la beauté de ton corps, là tu es témoin. Tu es tenté par la jalousie sur le sort de chacun et voilà que tu prends conscience qu’il vaut mieux secourir que de se comparer, là tu es témoin. Tu es tenté par l’esprit d’orgueil, mais en voyant de plus pauvres que toi, tu ressens compassion et humilité, là tu es témoin »

Jeudi 17 septembre

Messe du jeudi 17 septembre, célébrée dans la chapelle de l’Accueil Notre-Dame

« Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et cette grâce en moi, n’a pas été stérile » (I Cor 15, 1-11). Voyez bien que chacun a sa place. Voyez bien que chacun a reçu « sa part de grâce ». L’évangile vient de nous montrer une femme pécheresse capable du meilleur à cause de Jésus (Luc 7, 36-57). Saint Paul ajoute que « le Christ est même apparu à l’avorton » qu’il est, lui, « le plus petit des apôtres », on ne peut être plus concret ! Voyez bien que personne n’est exclu de la Bonne Nouvelle. Voyez bien qu’en dépit de nos faiblesses et de nos défis, nous pouvons avancer. « Chaque homme est nécessaire », disait le pape Benoît XVI pour rappeler que « la grâce » est « un don » que chacun a reçu. Comme ce quelque chose que l’on n’attend pas, qu’on ne mérite pas mais qui, mystérieusement, nous touche. Et cela donne dignité, valeur et force à chacune de nos pauvres vies. Plus encore, chaque fois que nous prenons conscience du don de Dieu, nous apprenons à nous connaître vraiment et à avancer en cette vie et « en Dieu ». Au-delà de nos différences, de ce qui a visage de difficultés ou de rejets en nos vies, ce qui compte, c’est de trouver sa place, d’y demeurer et de s’y épanouir en dépit de tout. Mystère de cette Eglise où il s’est passé quelque chose de cet ordre-là dans l’expérience des apôtres et jusqu’à nous. Nous avons vocation à nous situer dans cette longue chaîne de témoins comme un « maillon » indispensable. Rappelez-vous que nous donnons un vrai visage d’Eglise à LCE, chaque fois que nous nous rassemblons en délégations ou en pèlerinage parce que nous sommes tous invités à une « mystérieuse communion. »

Vendredi 18 septembre

Messe du vendredi 18 septembre, célébrée à l’église Sainte Bernadette

« Jésus passait de ville en village, proclamant la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu » (Luc 8, 1-3).

Jésus passait ! On pourrait dire « cheminait », « pérégrinait » parce que la Bonne Nouvelle n’est pas statique, elle est cheminement. Elle est faite d’expériences, de rencontres et de lieux…à longueur de vie. Parce que « passer » c’est comme « la vie qui passe », comme « la traversée des épreuves », comme « goûter aussi aux joies qui passent et se proposent à nous ». Parce que « passer », c’est « avancer » et cela rejoint le très concret de nos existences et même notre combat face au cancer. Mystérieusement, « on avance », « on veut avancer » avec des hauts et des bas, bien sûr. Ne le disons-nous pas à chaque retrouvaille et à chaque pèlerinage ? « Malgré le temps, tu n’as pas changé », « l’année a été difficile mais on est là », « quelle joie de se retrouver, le temps a été si long ! » « Passer » n’est pas qu’un mot, c’est le concret de « notre marche de vie » dont nous savons, par la foi, qu’elle a un sens ! L’évangile précise que « les apôtres accompagnaient Jésus avec de saintes femmes qui les soutenaient ». On a le sentiment que ce « cheminement » leur sert de formation. Comme s’il fallait « être avec Jésus » pour le connaître vraiment et progresser dans cette relation avec Lui et avec ce que la vie nous donne de  traverser. L’évangile évoque encore le témoignage de ces femmes qui ont l’expérience de « guérisons » près de Jésus. Elles ont été renouvelées, changées, comme on peut le dire de retour de pèlerinage. Nous l’expérimentons  par le fait « d’être ensemble dans une forme de communion fraternelle » ou par « l’expérience d’un sacrement comme celui de l’Onction ou celui de la Réconciliation », signes efficaces de Jésus « qui marche avec nous » et dont vos aumôniers sont les instruments. Quelque chose change en nous, se modifie, comme des relèvements, des apaisements du corps ou de l’esprit, des conversions du cœur. Notre association, nos délégations, notre pèlerinage, nos carrefours, notre revue, notre site, sont pleins de ces récits qui expriment le renouveau et l’espérance « en actes ». Continuons de partager et d’avancer sur ce « chemin » que Jésus prend avec nous et qui ne cesse de nous apprendre, de nous façonner, pour comprendre que ce chemin avec Lui est « le bon chemin ».

Samedi 19 septembre

Messe du samedi 19 septembre célébrée à la chapelle Sainte Bernadette, sur le parvis du Rosaire

« Le semeur est sorti pour semer » (Luc 8, 4-15). On dirait un conte, une histoire, qui parle « des choses de la vie ». Un semeur, ça parle à tout le monde, ça s’imagine au point qu’on comprend vite le but de son travail qui est de « miser sur l’avenir », de faire confiance en l’avenir comme on le fait chaque fois qu’on sème une graine. Et voilà que, comme les choses de la vie, le sort de chacun est différent comme est différent l’usage que l’on fait de ce qui a été semé en nous. On peut, tout à la fois, gaspiller, quitter le chemin, piétiner et être piétiné, être mangé par les soucis, pousser malgré les broussailles ou, allégrement, pousser dans de la bonne terre. Nous pouvons traverser toutes ces situations de vie, n’est-ce pas ? Cette parabole nous parle d’enjeu, d’avenir, de promesse et d’espérance en l’avenir et elle rejoint chacun de nous dans ses réussites comme dans ses échecs. Ne l’oublions pas, l’Evangile est toujours une espérance semée dans toutes les réalités humaines. Le semeur, c’est Dieu et son projet sur le monde et sur chacun, et il est riche en semences puisqu’il ne cesse de semer. Il connaît nos cœurs incertains, nos blessures, nos fragilités, nos résistances mais il ne renonce jamais à semer quelque chose qui a vocation à donner du fruit. Et si chaque « pas de vie », chaque évènement, chaque rencontre, devenait occasion d’accueillir et de laisser grandir une semence ? La grande esplanade du Rosaire donne toute la mesure de notre nombre, de l’immensité du monde, de l’ampleur de la tâche, du défi du cancer pour un grand nombre. En rejoignant nos lieux de vie, nos familles, nos relations, nous avons vocation à annoncer une espérance comme « une semence d’évangile ». En dépit des circonstances, sentons-nous toujours « envoyés comme des ballons d’espérance » pour être semeurs à notre tour. Relisons le prophète Isaïe 55, 10-11 qui parle au nom de Dieu : « La pluie et la neige descendent du ciel et n’y reviennent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et fait germer, sans avoir donné de la semence au semeur et du grain à celui qui a faim. Ainsi en est-il de la Parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir réalisé ce pour quoi je l’ai envoyée. »

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