Billet spirituel du Père Michel Pagès, aumônier national LCE : Nous sommes faits pour « annoncer »…

La liturgie du temps de l’Avent et du temps de Noël que nous venons de vivre, a fait résonner à nos oreilles et à nos vies l’attitude de Jean Baptiste, « le plus grand des prophètes ». Ce qui frappe chez lui, c’est son réalisme et sa grande lucidité sur notre monde et les défis de toujours. Il ne se complaît pas à « dénoncer » mais plutôt à « annoncer». Il sait dire ce qui ne va pas mais il réveille les cœurs par « l’annonce » de Jésus, « celui qui vient », « l’Emmanuel », « Dieu avec nous », celui qui peut « faire toutes choses nouvelles ».

Saint Jean Baptiste, mosaïque de la Visitation, basilique du Rosaire, Lourdes (Photo : P. Cabidoche)

Le premier critère de celui qui « annonce » est de « préparer un chemin pour le Seigneur qui vient » puis de s’effacer. Quel appel pour nous à LCE alors que tant de choses nous empêchent, nous blessent et nous révoltent face au défi du cancer, ses conséquences, ses luttes et ses blessures ! Mais nous savons par expérience, et nous y croyons, qu’il y a un « au-delà » de la maladie et de l’épreuve, un « au-delà d’Espérance » et nous voulons l’annoncer.

Le thème des pèlerinages 2022 va dans ce sens et il faut y préparer nos cœurs. La Vierge a dit à Bernadette : « Allez dire aux prêtres ». Nous voulons le traduire par « Avec Bernadette, prêtres et fidèles du Christ, au service de la mission de Lourdes ». Car cet envoi nous concerne tous en Eglise ; annoncer la bonne nouvelle du message de Lourdes pour ce monde, comme lieu de guérison et de renouveau toujours possible.

Je vous invite à observer que les vrais « annonciateurs » se repèrent vite et qu’ils sont précieux…Je vous en propose quelques-uns mais regardez bien autour de vous… Je pense à Bernadette Soubirous, accablée de toutes parts sur l’authenticité de sa rencontre avec « la Belle Dame » qui finit par s’exclamer : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire ». Elle sait qu’elle est l’instrument d’une œuvre qui la dépasse mais qu’elle entrevoit et qu’elle veut servir en l’annonçant tout simplement.

Et nous ?  Je pense au curé d’Ars, saint Jean Marie Vianney. On le consultait beaucoup et il savait donner des conseils pratiques pour aider les gens à avancer mais il ajoutait aussitôt « le maître fera le reste, c’est-à-dire l’essentiel ». Il savait qu’il était, comme prêtre, l’instrument du Christ mais il renvoyait à lui constamment. Il annonçait, comme lui, un monde réconcilié et des vies apaisées…

LCE 2013 - Photo Didier Bourdin

Et nous ?  Je pense à ceux et celles qu’on appelait « missionnaires » en des temps qui ne sont plus les nôtres. Mais ils savaient que leur premier travail était de « débroussailler » pour préparer la venue du Christ Sauveur. Pour eux, « débroussailler » ne renvoyait pas tant à des terres lointaines à défricher qu’à « débroussailler des désirs, des préjugés, des intérêts, des regards, des jugements, des épreuves »…pour une œuvre plus grande, la venue du Christ lui-même dans la vie des autres.

Et nous ?  Je pense à ceux et celles qu’on appelait « missionnaires » en des temps qui ne sont plus les nôtres. Mais ils savaient que leur premier travail était de « débroussailler » pour préparer la venue du Christ Sauveur. Pour eux, « débroussailler » ne renvoyait pas tant à des terres lointaines à défricher qu’à « débroussailler des désirs, des préjugés, des intérêts, des regards, des jugements, des épreuves »…pour une œuvre plus grande, la venue du Christ lui-même dans la vie des autres.

En ces temps où nous avons vocation à être tous et toutes missionnaires, comment agissons-nous pour « faire advenir le Christ » à ceux que les circonstances et l’épreuve éloignent ?

Nous sommes faits pour annoncer un « mystère d’Espérance » avec patience. Nous avons vocation à y prendre toute notre part.

Comment ? Si nous avons fait l’expérience que tel comportement construisait et que tel autre détruisait, alors nous sommes les annonciateurs d’une Bonne Nouvelle ! Si nous avons fait l’expérience qu’un chemin de mensonge éloignait et qu’une vérité guérissait, alors nous sommes les annonciateurs d’une Bonne Nouvelle ! Si nous avons expérimenté que tel choix était une illusion et que tel autre était une lucidité, alors nous sommes les annonciateurs d’une Bonne Nouvelle !

Le pape François ose dire aux évêques (italiens) qu’annoncer c’est concret et cela commence par la vérité en nos vies : « Heureux l’évêque qui fait de la pauvreté et du partage son mode de vie, parce que son témoignage personnel construit le Royaume. Heureux l’évêque qui n’a pas peur de rider son visage de larmes des douleurs de son peuple et des fatigues de ses prêtres, il trouvera la consolation en Dieu » (« béatitudes de l’évêque »).  Puisons dans l’expérience de nos vies ce qui a visage « d’annonce », cela ne ressemble-t-il pas à ce qu’on appelle l’Espérance ? Acceptons d’en être les instruments.  Le monde a besoin de chacun de nous…  

Père Michel Pagès,

aumônier national LCE

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