Marie-Elisabeth Aubry, bénévole à l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes

« A travers leur vie et leurs engagements, mes parents m’ont fait découvrir le trésor de la foi. Mon père était hospitalier de Notre-Dame de Lourdes et son service l’a conduit au cœur même de la Grotte puisqu’il veillait à ce que le lieu demeure dans la prière quand les pèlerins se recueillent sous le Rocher. A ma naissance, mes parents m’ont placée sous la protection de Marie et d’Elisabeth et pour cela, ont associé chacune d’elles dans le prénom de mon baptême.Dans ma vie, les grâces que je reçois se disent dans la joie du service. Que de vérité dans ce que l’on vit, en sachant que « chacun a du prix aux yeux de Dieu » ! La Sainte Vierge m’a conduite vers cette vie « donnée », et elle était dans mon cœur quand, à l’âge de 44 ans, j’ai décidé de m’établir à Lourdes.

J’avais jusqu’alors grandi à Paris, où j’avais mené la première partie de ma carrière professionnelle. J’avais accumulé plusieurs expériences différentes, que ce soit auprès des personnes âgées ou des enfants.Toujours, il a été essentiel pour moi d’ouvrir ma vie aux rencontres: à cette époque, je fréquentais déjà des mouvements d’Eglise, assurant des cours de catéchisme, participant à des réunions dans ma paroisse ou animant la prière au sein de la conférenceSaint Vincent de Paul de la paroisse.

Il était important pour moi d’avoir un accompagnateur spirituel, et le Père Manteau Bonamy, dominicain, m’a offert sa force, sa capacité à m’ouvrir au discernement, à la théologie et à la spiritualité mariale. Il m’a amenée à approfondir ce que je portais en moi, en ayant toujours à cœur que je le porte au monde. J’ai partagé avec lui mon attrait pour la spiritualité de saint Vincent de Paul et de saint François d’Assise qui m’appelle à prêter la plus grande attention aux« petits ».

A Lourdes, on retrouve cet amour privilégié du Seigneur pour ceux qui ont gardé leur « âme d’enfant. »La Sainte Vierge avait posé son regard sur Bernadette qui, parmi tous, était la plus « ignorante »… C’est son humilité et sa pauvreté qui l’ont conduite à être « accessible » à la parole de Dieu. Le Père Manteau Bonamy est décédé il y a une vingtaine d’années, et c’est auprès du Père Cabes, qui lui-même a une grande dévotion pour Marie, que j’ai trouvé un appui précieux pour continuer dans la voie que je me suis tracée : le service, l’amour des autres, la dévotion à Marie….

Dans mes moments de joie mais aussi d’épreuves, j’aime m’unir à la récitation du chapelet à la Grotte. Je n’ai pas la télévision, mais je peux m’associer aux prières des pèlerins présents à Lourdes en communion avec le monde entier, par le biais de Radio Présence : le chapelet est diffusé dans la nuit, et en direct à 15h30. Ce sont des moments où je peux méditer sur les mystères de la vie du Christ, tout en me confiant à Marie. Je crois que Marie nous apprend à « grandir » : sur le plan humain, sur le plan de la foi.

Quand je vivais à Paris, j’ai beaucoup aimé me recueillir à la chapelle de la rue du Bac. Au 19e siècle, la Sainte Vierge y était apparue à Catherine Labouré, et elle lui avait demandé de faire frapper une médaille miraculeuse qui, amenée à être diffusée auprès des fidèles du monde entier, nous dit combien il est important de se laisser toucher par la grâce. Toujours Marie nous écoute et veut nous combler de ses bienfaits, d’abord en rejoignant notre cœur.

La découverte du message du père Maximilien Kolbea marqué aussi une étape dans ma vie. Né en 1894, il avait une grande dévotion pour Marie Immaculée, ce qui l’avait conduit à un don total de lui-même. Il est connu pour avoir sacrifié sa viepour sauver celle d’un père de famille, dans les camps érigés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce cheminement m’a conduite à rejoindre le pavillon Saint Maximilien Kolbe quand je me suis installée à Lourdes. Pendant plusieurs années, j’y ai assuré des permanences. Parmi les beaux souvenirs que je conserve de cette époque, me vient à l’esprit le geste du sculpteur André Lacome : il avait sculptéune statue de la Vierge où on retrouvait son attitude à la Rue du Bac. Elle portait en chacune de ses mains une couronne rouge et blanche.

Quelque temps après mon arrivée dans la cité mariale en 1998, mes pas m’ont conduit peu à peu au Sanctuaire où des belles missions m’ont été confiées : à Lourdes Magazine, fondé par François Vayne, j’ai collaboré avec Mathias Terrier, assurant un travail de secrétariat et de relecture. Dans ce cadre, j’ai aussi pu rédiger des articles et parmi les belles rencontres que m’a permis ma profession, j’ai rencontré plusieurs miraculés. L’un de mes reportages portait sur l’histoire de Juliette Tamburini ; j’ai aussi pu rencontrer Jeanne Frétel ou encore Jean-Pierre Bély. De telles rencontres nous marquent à jamais. De manière personnelle, on ressent la présence divine à l’œuvre dans l’histoire des hommes. Je resterai à jamais marquée par leurs témoignages ! Au fil des ans, d’autres missions m’ont été confiées : j’ai travaillé au service des Archives, principalement à la collecte et à l’enregistrement des documents de pèlerinage.

Engagée à l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes depuis 2008, j’y consacre aujourd’hui une grande partie de mon temps. C’est ainsi que, pendant la saison, je suis de service aux permanences de l’Accueil Notre-Dame. Au rez-de-chaussée, je fais partie des équipes de bénévoles qui, à l’accueil général, renseignent les pèlerins. L’année dernière, pendant le Jubilé de la Miséricorde, un parcours avait été mis en place et dans ce cadre, il était proposé à ceux qui le désiraient de visiter l’Accueil. Pour permettre la rencontre avec les malades, il fallait obtenir l’accord des présidents d’hospitalité. Aussi il n’était pas toujours facile d’aller dans les étages, mais j’ai souvent conduit les visiteurs au 5e étage où se trouvait l’exposition présentée pendant l’année jubilaire.

A travers les panneaux, chacun pouvait découvrir le sens de l’hospitalité : être au service des malades et des personnes âgées. Nous écoutions les témoignages des hospitaliers et malades, puis le parcours se terminait à la terrasse de l’Accueil Notre-Dame où nous expliquions les signes de Lourdes. La rencontre se terminait par un temps de prière ou une dizaine de chapelets à la chapelle. Cette année, je suis amenée aussi à me mettre au service des pèlerins, en assurant l’accueil à la montagne des Espélugues, où se termine le chemin de la Consolation.

Marie m’aide beaucoup à cheminer dans la vie. Je me mets sous sa protection maternelle. J’aime la prier, en invoquant l’Esprit Saint : prier, ce n’est pas rabâcher ; il faut aller en profondeur, regarder la figure de Jésus et celle de Marie, qui est un modèle de vie. Avec Joseph, elle a élevé Jésus ; elle a accueilli Dieu en elle. En octobre dernier, j’ai accompli un pèlerinage à Fatima. C’était un moment important, et le pèlerinage se déroulant au mois d’octobre, on célébrait alors l’anniversaire de la dernière apparition.

Dans ma vie, il m’a été donné de me trouver dans un lieu de pèlerinage en même temps que des figures importantes de l’Eglise, comme par exemple lors des visites du Pape Jean-Paul II et Benoît XVI à Lourdes. J’ai été aussi très marquée par la béatification de Frédéric Ozanam, en 1997, à Paris ; célébration présidée par Jean-Paul II. Je suis aussi très proche des mouvements d’Eglise qui prennent soin des personnes malades. En 2013, sur le conseil d’une sœur franciscaine, j’ai rejoint la Fraternité des Personnes Malades et Handicapées. Des réunions mensuelles sont organisées ainsi que des sorties à l’extérieur. C’est un bel endroit où se vit la fraternité, dans l’amour de Dieu. Tout ce que je vis à Lourdes me porte, et me permet aussi de voir toutes les merveilles que le Seigneur fait dans ma vie et dans celle des autres. »

Propos recueillis par Béatrice Rouquet

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